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Le chant du Souffle

Respirer

Avez-vous déjà prêté une attention à votre respiration et à son pouvoir évocateur de renouveau dans votre vie ? De la première inspiration à la naissance et à un dernier souffle expiré, elle traverse chaque existence. Elle peut être fluide, retenue, naturelle, intense, légère, technique ou artistique. La respiration est un chemin pour renouer avec la créativité mais aussi le sacré. 

L’être humain sans le savoir se nourrit tous les jours de ce souffle : il inspire et expire et cette circulation de la vie est au plus profond de lui car la respiration permet de percevoir une dimension plus profonde de notre être. 

Dans la méditation par exemple, se concentrer sur la respiration, calme le mental et ouvre la porte à un autre état de conscience et dans certaines pratiques de prière elle connecte à une puissance spirituelle plus grande car le souffle est considéré dans la plupart des traditions comme le symbole du lien entre l’âme et l’esprit mais aussi entre l’humain et le divin. 

 

Les 3 souffles

Dans l’essence du souffle, il est défini trois types. Ils animeraient notre rapport au monde : le souffle cosmique, le souffle animal et le souffle vital.

Ils se situent au niveau de la tête, à celui de la poitrine et à celui du ventre.

Au niveau de la tête et de la gorge, le souffle est celui du souffle créateur. Il est symbolisé en Inde par l’oie Haṁsa qui couve l’œuf cosmique. Dans la genèse hébraïque il est représenté par le souffle qui plane sur les eaux. En grec il est pneuma, en sanskrit prāna, chez les chinois shi, chez les Japonais k’i, en hébreu ruah, spiritus chez les Latins er-ruh en arabe coranique et enfin esprit chez les Français.

À ce niveau-là, le « respire » divin se relie à la fois au centre du cosmos et au centre de l’être humain. Ce centre est un vide et un appel au souffle : Dieu s’efface et appelle la création à l’être.

De ce vide central jaillit le son primordial. Ce temps d’inspiration est celui d’involution, de concentration cosmique ou de soupir de compassion. Le respire créateur rythme le cosmos tout autant que les êtres comme un flux et un reflux. Ce mouvement d’inversion du souffle cosmique, de part et d’autre du vide central, est symbolisé très souvent par des spirales. La parole est reliée au souffle créateur : le ōm sanskrit, amen hébreu, l’alpha et oméga gréco-latin, les sons germes (sphota), les « verbes séminaux » (logoï spermatikoï), les correspondances vibratoires entre les choses, les images et les noms mais aussi les ponctuations, les rythmes liturgiques et poétiques.

 

Au cœur du souffle

Le niveau situé à la cage thoracique correspond aux systèmes physiologiques : respiration pulmonaire et circulation sanguine centrée sur le cœur. Platon le nommait thumos. Ce chant du souffle animal se décline dans les nuances de notre sentiment et nous relie profondément à la terre et ses cycles de jour et de nuit. Notre âme animale s’accorde au vent (anemos). Elle devient psyché : « souffle frais ». Elle devient pure, et renaissante et redonne une élasticité et un rythme nécessaire à nos organes, à notre cœur.

Le souffle au niveau du diaphragme nous amène à un état d’expansion de conscience et de détente par un ressenti océanique cosmique.

 

Au cœur de la matrice

Au niveau du ventre, (épithumia selon Platon) la matrice est gorgée de l’énergie des pulsions (celles du niveau digestif et du génital). Cette zone correspond à la respiration abdominale ou du souffle vital profond et est symbolisée par le serpent, lové en spirale. Ce souffle s’exprime dans une puissance : c’est le « cri » du ventre.

 

Le souffle vital se relie au système musculaire et osseux. L’impact guerrier de ce souffle se retrouve dans plusieurs cultures : c’est le hara dans le budo japonais, les cris martiaux (kiaï, fashen, alalah, kwatz), du simple hourrah aux sacrés du japa yoga, des sonorités abdominales dans le nō (Itsuo Tsuda, École de la respiration) mais aussi dans les chants des Haka du peuple indigène de Nouvelle-Zélande, les Maoris. Ce souffle est aussi celui d’une expression érotique : échange de baiser, soupir, souffle haletant, cris de l’orgasme et détente profonde.

 

Le souffle dans la créativité

Une œuvre qui a du souffle peut être perçue comme le fruit d’une inspiration profonde et spontanée de l’artiste. 

Il peut également faire référence à la sensation de mouvement, de dynamisme ou d’énergie qui se dégage d’une peinture. Une peinture qui a du souffle peut sembler vibrante et pleine de vie.

Le souffle est un élément important dans la calligraphie, notamment dans les styles de calligraphie asiatique tels que la calligraphie chinoise, japonaise et coréenne.

En calligraphie, le souffle se réfère à la façon dont le calligraphe le suit pour créer des traits fins ou épais et donner une certaine dynamique à la trace picturale. Il est utilisé pour créer des variations dans l’épaisseur et la densité des traits, ce qui permet de donner vie et mouvement à la peinture.
Dans la calligraphie le souffle est considéré comme une composante essentielle de cet art. Les calligraphes cherchent à cultiver leur souffle, à travers la respiration et la fluidité du geste comme nous pouvons le percevoir dans cette calligraphie de Hassan Massoudy.

 

Cheminer dans son souffle

La transmission du souffle est le partage de la vie, de l’énergie et de l’essence de l’être. Dans certaines traditions, le souffle est considéré comme une force de vie essentielle qui relie toutes les choses, et le fait de partager son souffle avec quelqu’un peut être considéré comme un moyen de se connecter à cette force de vie commune.

La notion de foi dans le monde est à travers le souffle une confiance en quelque chose de plus grand que soi, qui donne un sens à la vie et à l’existence. Cette foi se référe à un sentiment sacré de confiance dans la vie, dans les autres ou dans l’univers.

 

Célébrer son souffle !

Basé sur la restauration du cycle spontané de la respiration, sa pratique libère le souffle dans un sentiment infini de bien-être. Ce chant du souffle permet de le vivre dans les 3 creusets évoqués ci-dessus : la tête, le plexus solaire et le bassin.

Sa pratique invite à entrer dans une présence à nous-même. Le Chant du Souffle se compose d’une vingtaine de motifs rythmiques. Il restaure le groove, notre musicalité primordiale et de notre corporalité. La pédagogie poético-sensorielle du Chant du Souffle permet d’accéder à ces espaces avec simplicité et plaisir.

Le Chant du Souffle restaure le souffle et l’élan vital, la pulsation primordiale et originelle en nous connectant à la source de la joie. 
C’est une vraie célébration ! En groupe, en cercle ou seul.e, c’est un espace de reliance profonde à soi et au monde qui s’installe.

Stage Wutao & Chant du Souffle Novembre 2023
La Chapelle - Châteauneuf de Gadagne

Yang Sheng Tao
nourrir le vivre, un cheminement

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